Cette technique transforme des séries de photographies en modèles 3D et orthophotos géoréférencées, avec une précision de quelques millimètres à quelques centimètres selon la configuration. La photogrammétrie s'appuie sur la parallaxe entre images prises depuis différents points de vue pour restituer la géométrie tridimensionnelle d'un objet ou d'un terrain.
« La photogrammétrie est l'ensemble des procédés permettant, à partir de mesures géométriques réalisées sur de multiples enregistrements perspectifs 2D, de calculer la géométrie 3D de l'objet » — Lexique SFPT/AFT 2025.
Définition et principes de la photogrammétrie
Définition de la photogrammétrie
La photogrammétrie est une méthode de mesure 3D qui consiste à déterminer la forme, les dimensions et la position d'un objet dans l'espace à partir de plusieurs photographies prises selon des points de vue différents. En exploitant la parallaxe — c'est-à-dire le décalage apparent d'un objet observé depuis deux positions distinctes — cette technique reproduit le fonctionnement de la vision humaine pour reconstituer le relief d'une scène.
Concrètement, lorsque nous observons un objet, chacun de nos yeux capte une image légèrement différente. Notre cerveau fusionne ces deux images pour créer la perception du relief. La photogrammétrie applique exactement le même principe : en analysant les différences entre plusieurs clichés d'une même scène, des algorithmes calculent la géométrie tridimensionnelle des éléments photographiés. Les principes de la photogrammétrie reposent ainsi sur cette capacité à transformer des données visuelles bidimensionnelles en informations spatiales précises.
Cette approche trouve aujourd'hui des applications dans des domaines aussi variés que la topographie, l'architecture, l'archéologie ou encore l'inspection industrielle, partout où la mesure sans contact et la modélisation 3D apportent une valeur décisive.
Concepts géométriques de la photogrammétrie
La photogrammétrie s'appuie sur des fondements mathématiques rigoureux issus de la géométrie projective. Chaque photographie constitue une projection en perspective de la scène 3D sur le plan bidimensionnel du capteur. Pour reconstruire la géométrie originale, il faut d'abord comprendre comment chaque point de l'espace se projette sur l'image.
Le concept central est celui de collinéarité : un point dans l'espace, le centre optique de l'appareil photo et sa projection sur l'image sont toujours alignés. Cette relation géométrique, exprimée sous forme de matrice de projection, permet de relier les coordonnées 2D dans l'image aux coordonnées 3D réelles.
La distance focale joue ici un rôle déterminant. Elle caractérise la projection et influence directement l'échelle de l'image. Lors de la calibration de la caméra, on détermine précisément cette distance focale ainsi que d'autres paramètres intrinsèques (position du point principal, distorsions optiques) et extrinsèques (position et orientation de la caméra dans l'espace). Ces paramètres, organisés en matrices de transformation, permettent ensuite de calculer les coordonnées tridimensionnelles de milliers de points par triangulation.
La parallaxe horizontale entre deux images devient alors une mesure directe de la profondeur : plus un objet est proche, plus son décalage apparent entre deux vues est important. C'est en mesurant ces parallaxes avec précision que la photogrammétrie reconstruit le relief complet de la scène.

Contactez nos experts
Pourquoi choisir la photogrammétrie ?
La photogrammétrie s'impose aujourd'hui comme une solution de choix pour les relevés 3D, grâce à un ensemble d'atouts qui répondent aux exigences des professionnels du BTP, de la topographie et de l'inspection d'infrastructures.
Comment faire de la photogrammétrie ? Nos solutions drone et terrestre
Drone | Terrestre |
Capteurs haute résolution, objectifs calibrés (ex. 20–45 MP) | Appareils photo professionnels rapprochés |
Vols automatisés RTK (GSD adapté au projet) | Captures rapprochées pour les zones obscures/détaillées |
Recouvrement 80 % / 70 % (longitudinal / latéral) | Angles de prise de vue multi‑positions |
Selon la nature du site, nous déployons un dispositif drone, terrestre ou les deux pour couvrir 100 % des surfaces et contraintes.
1. Pré mission & repérage
- Définition du cahier des charges (GSD cible, tolérances, livrables).
- Implantation de points d’appui (GCP) ou cibles codées relevées au GNSS RTK.
2. Acquisition d’images
- Drone : plan de vol optimisé (Altitude, fauchée, recouvrements, vitesse).
- Terrestre : prises à 360° autour de l’objet, contrôle d’exposition HDR si nécessaire.
3. Alignement – Structure from Motion (SfM)
- Détection & appariement automatique des points homologues.
- Ajustement faisceaux (bundle adjustment). Exemple typique : ~700 images alignées, RMS de reprojection inférieur au pixel.
4. Nuage de points dense – Multi View Stereo (MVS)
- Calcul de cartes de profondeur en Qualité Haute / Filtrage Léger.
- Nuage dense de plusieurs centaines de millions de points (exemple typique).
5. Modèles dérivés
- MNE/MNT (interpolation sur maillage régulier).
- Orthomosaïque haute résolution (échelle centimétrique).
- Maillage texturé & export .OBJ/.FBX pour BIM.
6. Contrôle qualité & géoréférencement
- Résidus sur GCP généralement inférieurs à 2 centimètres (précision absolue).
- Vérification croisée via sections de nuage & profils terrain.
7. Livrables standards
Produit | Format | Usage |
Nuage de points dense | .LAS / .E57 | Modélisation, calcul de volumes |
MNE / MNT | GeoTIFF, ASCII | Cubatures, hydrologie |
Orthophotoplan | GeoTIFF, ECW | Cartographie SIG, inspection visuelle |
Maillage texturé (Mesh) | OBJ/FBX | BIM, réalité virtuelle |
Pourquoi choisir SOCOTEC ?
SOCOTEC combine expertise technique, certifications professionnelles et solutions technologiques avancées pour garantir la réussite de vos projets de photogrammétrie aérienne et terrestre. Notre valeur ajoutée repose sur quatre piliers complémentaires qui assurent des résultats de haute qualité, quelle que soit la complexité de votre mission.
Équipe certifiée DGAC et géomètres experts
Nos télépilotes détiennent tous les certifications DGAC en vigueur (catégorie Spécifique STS-01/STS-02) et nos géomètres maîtrisent l'ensemble de la chaîne photogrammétrique, de l'implantation des GCP jusqu'à la livraison des modèles 3D géoréférencés. Cette double compétence technique et réglementaire garantit la conformité totale de vos relevés.
Workflow qualité ISO 9001
Nous appliquons un protocole qualité rigoureux à chaque étape : vérification systématique des résidus GCP (< 2 cm), contrôle croisé via sections de nuage et profils terrain, validation des livrables par nos ingénieurs avant transmission. Ce processus QA/QC assure la fiabilité de vos données et leur exploitabilité directe pour vos projets.
Compatibilité logicielle étendue
Nos livrables (nuages de points, orthomosaïques, maillages texturés) sont exportés dans les formats standards de l'industrie (LAS, E57, GeoTIFF, OBJ, FBX) et directement compatibles avec vos outils métiers : Autocad, Revit, QGIS, Archicad. Nous adaptons le niveau de traitement et les formats de sortie à vos besoins spécifiques.
Expérience internationale
Avec des projets réalisés en France, au Royaume-Uni et au Vietnam, SOCOTEC dispose d'une expertise terrain diversifiée. Nous adaptons nos méthodes d'acquisition et nos workflows aux contraintes locales (réglementation, conditions climatiques, accessibilité) pour livrer des résultats cohérents où que vous opériez.
En résumé : la photogrammétrie offre un rapport coût - précision imbattable pour vos relevés 3D. En mobilisant l'acquisition drone et/ou terrestre, nous garantissons couverture totale, précision du millimètre au centimètre et livrables prêts à l'emploi.
Quel logiciel utiliser pour la photogrammétrie ?
- Agisoft Metashape Pro 1.8 (scripts Python personnalisés)
- MicMac / IGN pour cas complexes façade & patrimoine
- Pix4D Survey pour la vectorisation rapide
- Station de calcul : Intel i9‑12900K, 128 Go RAM, RTX 3080 → 20 GB VRAM
Durée de traitement type (bloc 700 images – 25 ha, GSD 1 cm / px) :
Étape | Temps |
Alignement | 1 h |
MVS & Nuage dense | 2 h |
Orthomosaïque | 1 h 15 |
Exemples concrets
- Carrière de 12 ha : 700 images, précision 1,5 cm, calcul de cubature ± 2 %.
- Hall industriel : 1 200 images (drone + terrestre), maillage 3D prêt pour Revit.
Applications de la photogrammétrie
Le processus de photogrammétrie s'applique aujourd'hui à une palette étendue de secteurs professionnels. Grâce à sa capacité à produire des modèles 3D précis à partir d'images, cette technique répond aux besoins de documentation, d'analyse et de suivi de projets dans des environnements très variés.
Visite virtuelle
![]() | ![]() |
Orthophotoplan (photogrammétrie aérienne)
![]() | ![]() |
Relevé de façade de bâtiment (photogrammétrie combinée terrestre et aérienne)
![]() | ![]() |
Questions fréquentes liées à la photogrammétrie
Quelle est la différence entre le scans 3D (LiDAR aérien) et la photogrammétrie ?
Le LiDAR aérien émet des impulsions laser pour mesurer directement les distances, tandis que la photogrammétrie reconstruit la géométrie d'une scène à partir de clichés photographiques analysés par des algorithmes. Ces deux méthodes produisent des nuages de points denses, mais leurs performances varient selon le contexte.
Le LiDAR excelle sous couvert végétal dense, car ses impulsions traversent le feuillage pour atteindre le sol — un atout décisif pour les modèles numériques de terrain en forêt. La photogrammétrie, elle, offre une cartographie détaillée avec texture visuelle réelle, idéale pour l'inspection de bâtiments, le suivi de chantiers ou la documentation patrimoniale.
Sur le plan budgétaire, la photogrammétrie par drone reste nettement plus accessible. Pour un relevé en environnement ouvert avec une bonne luminosité, elle constitue une excellente solution sans compromis sur la grande précision attendue.
Quels sont les inconvénients de la photogrammétrie ?
La photogrammétrie présente plusieurs limites concrètes que les professionnels rencontrent régulièrement sur le terrain.
- Sa dépendance aux conditions lumineuses est la plus contraignante : par temps nuageux, à l'intérieur d'un bâtiment ou sous une végétation dense, la qualité des photos se dégrade et fausse directement la reconstruction 3D.
- Les surfaces uniformes ou réfléchissantes - comme le métal poli, le verre ou le béton lisse - posent également problème. Les algorithmes de corrélation d'images peinent à y trouver des points d'appui suffisants, générant des lacunes ou des déformations dans le modèle final.
- Le temps de traitement informatique reste aussi un frein. Contrairement aux systèmes de mesures laser qui produisent un nuage de points directement exploitable, la photogrammétrie nécessite une phase de calcul longue, parfois plusieurs heures pour un chantier de taille moyenne.
Besoin d'une étude gratuite de votre projet ?







