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    Commerce

    ERP de 5ᵉ catégorie sans locaux à sommeil : un nouveau cadre incendie en 2026

    ven 13/03/2026 - 14:50

    Commerces de proximité, restaurants, cabinets médicaux, salons de coiffure, petites salles de sport… Les ERP de 5ème catégorie constituent un maillage essentiel du territoire. Longtemps considérés comme soumis à un régime « allégé », ces établissements voient leur cadre réglementaire évoluer significativement.


    Entre montée en exigence et simplification administrative, que faut-il retenir ?

    Auteur

    Sébastien Odye
    Sébastien ODYE
    Expert technique national - Transport - Mécanique - Ascenseur, SOCOTEC Équipements
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    Une approche globale de la sécurité incendie

    La sécurité incendie d’un ERP de 5ᵉ catégorie ne peut pas se limiter à la seule vérification des installations de gaz. Si ce contrôle constitue un levier important de prévention, il ne couvre qu’une partie du risque. La sécurité repose sur un ensemble cohérent de mesures : évacuation des occupants, désenfumage, alarmes, éclairage de sécurité, compartimentage, choix des matériaux ou encore conformité des installations électriques et des moyens de secours.

    Par ailleurs, le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 simplifie certaines démarches pour les ERP de 5ᵉ catégorie sans locaux d’hébergement. La demande d’autorisation d’ouverture au titre de l’incendie est supprimée et, en cas de travaux, seule une description succincte est transmise à l’autorité de police pour information. Cette évolution n’allège pas les exigences techniques : le projet n’étant plus instruit administrativement, la responsabilité de conformité repose davantage sur l’exploitant, avec toujours le même objectif de sécurité à atteindre.

    Définition

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    Qu'est-ce qu'un ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil ?

    Un ERP (Établissement Recevant du Public) de 5e catégorie est un établissement dont l’effectif n’atteint pas les seuils fixés pour les catégories 1 à 4. Il appartient au 2ᵉ groupe, tandis que les quatre premières catégories relèvent du 1er groupe.

    Un ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil ne comporte aucun espace d’hébergement (pas de chambres, dortoirs ou internats).

    Les seuils varient selon le type d’activité. Par exemple, un établissement de type N (restauration) doit comporter moins de 200 personnes au total pour rester en 5e catégorie ainsi que:

    • Moins de 200 personnes en étages
    • Moins de 100 personnes au sous sol

    Les ERP regroupent des activités diverses :

    • Commerces
    • Restaurants et cafés
    • Salons de coiffure et instituts
    • Cabinets médicaux
    • Petites salles de sport
    • Bureaux recevant du public

    Ces établissements représentent plusieurs dizaines de milliers de sites en France.

    Pourquoi la réglementation évolue-t-elle ?

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    Quelles modifications pour le règlement de sécurité incendie ?

    L’arrêté du 1er décembre 2025, publié au Journal officiel le 14 décembre 2025, modifie le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP (livre III).

    Entrée en vigueur :

    • 1er janvier 2026 pour l’essentiel des dispositions
    • 1er juillet 2026 pour les mesures relatives au gaz et aux périodicités de vérifications

    L’objectif est double :

    • Clarifier des exigences parfois interprétées différemment selon les territoires
    • Rapprocher les ERP de 5ème catégorie des standards applicables aux établissements du 1er groupe

    La réforme structure ainsi deux volets complémentaires :

    1. Le renforcement des vérifications des équipements techniques
    2. L’évolution des règles liées à la construction et aux procédures administratives
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    Les vérifications des équipements : vers un pilotage plus structuré

    La règle est clarifiée : certaines vérifications doivent désormais être réalisées au maximum tous les trois ans.

    Les installations concernées sont notamment :

    • Installations électriques*
    • Installations de gaz, appareils de cuisson « circuits d'extraction de l'air vicié, des buées et des graisses des grandes cuisines, des offices de remise en température et des îlots 
    • Installations thermiques
    • Ascenseurs
    • Moyens de secours (alarmes, extincteurs, RIA, désenfumage, SSI…)

    Cette précision met fin à la notion imprécise de contrôle « en cours d’exploitation » et impose une planification formalisée.

    Pour les exploitants multi-sites et les collectivités, cela implique :

    • Une programmation triennale
    • Un suivi documentaire structuré
    • Une anticipation budgétaire intégrée dans les plans pluriannuels

    *Il est important de préciser pour les installations électriques, que si l’arrêté du 1er décembre 2025 indique que les vérifications techniques dans les établissements en cours d’exploitation doivent être réalisées tous les trois ans, un établissement recevant du public (ERP) reste avant tout un établissement soumis au Code du travail. À ce titre, la vérification des installations électriques doit être effectuée chaque année.

    La réforme introduit une nouvelle règle : toute installation de gaz neuve ou modifiée doit désormais faire l’objet d’une vérification réglementaire spécifique.

    Les exigences portent notamment sur :

    • Les conditions de pression
    • La ventilation des locaux
    • L’évacuation des produits de combustion
    • La conformité aux règles techniques applicables

    Les restaurants, établissements avec cuisson, cabinets médicaux équipés ou locaux tertiaires chauffés au gaz sont directement concernés.

    Le gaz est désormais intégré explicitement dans les vérifications périodiques triennales, au même titre que l’électricité.

    Les circuits aérauliques (ventilation et extraction) font l’objet d’un encadrement clarifié :

    • Matériaux autorisés mieux définis
    • Maîtrise renforcée du risque de propagation du feu
    • Encadrement du risque de propagation des fumées

    En parallèle, un plan d’intervention schématique devient obligatoire à l’entrée de chaque établissement, facilitant l’action des services de secours.

    L’ensemble de ces mesures traduit une montée en exigence technique, même pour les établissements de petite capacité.

    Vérification et entretien des appareils de cuisson

    Construction et procédures : simplification et responsabilisation. Quelles simplifications administratives pour les ERP sans sommeil ? Est-ce que les ERP de 5e catégorie sont soumis à une commission de sécurité incendie ?

    Le décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025 modifie le Code de la construction et de l’habitation (CCH).

    Pour les ERP de 5ᵉ catégorie sans locaux à sommeil :

    • Suppression de la demande d’autorisation d’ouverture au titre de la sécurité incendie
    • Suppression de la demande d’autorisation de travaux auprès de l’autorité de police
    • Fin de la transmission systématique d’une notice de sécurité complète

    À la place, une description succincte des travaux envisagés doit être transmise pour information.

    Cette description peut comprendre :

    • Le classement de l’établissement
    • La distribution intérieure
    • Les issues de secours
    • Les principes de désenfumage
    • Les matériaux utilisés

    L’objectif est de désengorger les commissions de sécurité et de concentrer leur action sur les établissements à enjeux plus élevés.

    En savoir plus sur les exigences liées aux ERP de 5e catégorie

    Cette simplification signifie-t-elle un allègement des exigences ?

    Si cette simplification constitue en apparence un allègement pour les commissions de sécurité, les exploitants endossent une responsabilité accrue au moment du dépôt de l’autorisation d’urbanisme, notamment sur le choix du classement de l’établissement au regard de l’activité envisagée.

    Les établissements regroupent en général plusieurs activités, le mode de calcul de l’effectif global de l’établissement peut s’avérer complexe et les seuils d’assujettissement peuvent être difficile à définir.

    Exemple : en type L (Salles à usage d'audition, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usages multiples) entre une « salle de quartier » et une « salle de réunion », le seuil pour rester en 5éme catégorie passe de 200 personnes à 50 personnes. Ainsi une erreur sur le choix de l’activité peut entrainer une erreur sur le classement et avoir des conséquences majeures sur l’ensemble du projet.

    Les exploitants restent pleinement responsables :

    • Du respect des règles techniques incendie
    • Des autorisations d’urbanisme, tous les trois ans au plus à partir du 1 juillet 2026. 
    • Des obligations d’accessibilité
    • De la tenue du registre de sécurité

    En cas de contrôle ou de sinistre, l’absence d’instruction préalable par la commission de sécurité ne constitue pas une garantie.

    La logique évolue : moins de validation a priori, davantage de responsabilité en exploitation.

    Quelles évolutions sur les exigences constructives des bâtiments ?

    À compter du 1er juillet 2026, les exigences fonctionnelles applicables à tous types de bâtiments sont modifiées. Les principes fondamentaux restent toutefois inchangés :

    • Résistance au feu des structures
    • Limitation de la propagation de l’incendie
    • Réaction au feu des matériaux
    • Maîtrise du désenfumage

    Le décret intègre également dans le CCH les définitions relatives à la réaction et à la résistance au feu des matériaux, auparavant dispersées dans différents arrêtés. Par ailleurs, la possibilité de recourir à des solutions d’effet équivalent via des études d’ingénierie de sécurité incendie est précisée. Les justificatifs devront être annexés au registre de sécurité. Ces évolutions renforcent la cohérence réglementaire et la traçabilité des choix techniques.

    Ce qu’il faut retenir : de nouvelles normes et de nouvelles obligations pour les ERP de 5ème catégorie

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    Un nouveau cadre applicable dès 2026

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    Des vérifications techniques obligatoires tous les trois ans

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    Une intégration explicite des installations de gaz

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    Une vigilance accrue sur la ventilation et les matériaux

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    Une simplification administrative pour les ERP sans locaux à sommeil

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    Une responsabilité renforcée de l’exploitant

    La réforme ne réduit pas les exigences : elle les structure.

    Comment SOCOTEC peut accompagner les exploitants ?

    Face à un cadre réglementaire qui se renforce tout en simplifiant certaines démarches administratives, les exploitants d’ERP de 5ᵉ catégorie peuvent se retrouver seuls face à des exigences techniques parfois complexes. Dans ce contexte, l’enjeu est de garder une vision globale de la sécurité incendie, au-delà d’une vérification isolée d’un équipement.

    En tant que tiers de confiance, SOCOTEC accompagne les exploitants avec une approche pragmatique : transformer une obligation réglementaire parfois difficile à appréhender en plan d’actions clair, que ce soit pendant les travaux, avant l’ouverture ou en phase d’exploitation.

    Selon la configuration et l’activité de l’établissement, les experts SOCOTEC peuvent notamment intervenir sur :

    L’objectif est simple : permettre à l’exploitant — qui reste responsable de son établissement — de ne pas être seul face aux exigences réglementaires et de disposer d’un regard indépendant pour sécuriser l’ouverture et l’exploitation de son ERP.

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    Sébastien Odye
    Sébastien ODYE
    Expert technique national - Transport - Mécanique - Ascenseur, SOCOTEC Équipements
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