Construction

Construction en terre crue : matériau biosourcé et performances thermiques

lun 21/06/2021 - 13:35

Dans la foulée du bois, la terre crue fait partie des matériaux biosourcés qui font leur retour dans la construction. De nombreuses techniques sont à disposition et offrent des performances très intéressantes, en particulier en termes d’isolation. Leur usage doit cependant encore être encadré de près.

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A travers les siècles et partout dans le monde, la terre crue a été utilisée sous des formes très variées à des fins de construction. On la retrouve par exemple aussi bien dans les maisons à colombages de l’Europe médiévale que dans les habitations d’Afrique subsaharienne. Peu à peu délaissés, ces modes constructifs attirent aujourd’hui de nouveau car ils offrent une réponse intéressante aux impératifs des transitions écologiques et énergétiques. Ils emploient des matériaux biosourcés, souvent extraits localement, tout en offrant de très bonnes performances thermiques pour les bâtiments.

Des techniques ancestrales remises au goût du jour

Les techniques de terre crue sont multiples. Elles s’adaptent généralement aux usages souhaités mais aussi aux matériaux à disposition. Nous vous proposons un panorama rapide des principales modes constructifs les plus facilement adaptables à un bâtiment moderne.

  • Le pisé : une terre argileuse est compressée et séchée en gros blocs ou par strates d’une épaisseur d’environ 40-50 cm destinés à constituer les murs porteurs de l’édifice
  • Les briques de terre crue : reprenant le principe du pisé, mais dans une version plus petite et plus flexible, les briques de Terre Crue Compressée (BTC), sont composées généralement de terre argileuse, de gravier, de sables et d’éléments fins compressés. Ces briques sont ensuite hourdées.
  • La bauge : la terre crue est mêlée à de la paille afin d’améliorer sa cohésion et sa résistance.
  • Les torchis : un mélange de terre/paille ou de terre/chanvre est coulé entre des branches et monté entre les éléments d’une structure de bois ou de briques (les fameux colombages)
  • La terre allégée : un mélange de terre argileuse et de substrats végétaux à vocation d’isolation
  • Les enduits en terre : un enduit mural dont le liant est exclusivement de l’argile

Avantages écologiques et performances

Si les techniques de terre crue tendent à réintégrer les modes constructifs modernes c’est d’abord grâce à leur impact écologique très faible. La matière première est biosourcée, abondante et recyclable. Les émissions de carbone pour leur production sont virtuellement nulles et l’énergie employée est infime par rapport à une construction équivalente en béton. Du fait du principe de séchage, la transformation de la terre ne consomme par ailleurs que très peu d’eau.

Les murs en terre crue offrent d’excellentes performances en termes d’isolations. Par un principe d’inertie thermique, ils absorbent la chaleur et maintiennent l’intérieur au frais. La terre va également absorber et restituer l’humidité permettant de réguler naturellement la température des locaux. Les performances en matière d’isolation phonique sont également remarquables.

 

Un statut encore expérimental

Les méthodes de construction en terre crue sont régies par des contraintes qui leur sont propres. Elles doivent être approchées de façon globale afin d’assurer de bonnes performances notamment de solidité et de durabilité. Les caractéristiques, la composition de la terre, son temps de séchage, sont notamment primordiaux. Il faut aussi s’assurer que la terre ne soit pas en contact trop important avec l’humidité, comme l’eau de pluie ou de la vapeur d’eau. Ainsi l’ouvrage en terre crue ne doit ainsi pas être en direct avec le sol, mais posé sur un socle en pierre par exemple ou être recouvert par un revêtement étanche, bloquant et accumulant la vapeur d’eau dans la terre-crue.  Néanmoins avec les bonnes précautions en termes de construction et d’entretien, le cœur d’un mur de pisé par exemple restera parfaitement sec et ne bougera pas dans le temps. En témoignent de nombreuses fermes du 19e siècle dans la région lyonnaise, encore en parfait état.

La réintroduction de ces techniques était relativement récente, leur usage n’est pour le moment encadré par aucune réglementation ou norme. Le développement de la filière est cependant soutenu par le ministère de la transition écologique. Un collectif composé d’une dizaine d’acteurs du secteur, associé notamment à la Fédération Française du Bâtiment et au réseau Ecobatir, a publié en 2018 un Guide des bonnes pratiques de la construction en terre crue qui détaille les bons usages de ces différentes techniques. Bien que ce guide propose des solutions intéressantes, il n’a aucun statut et n’est pas considéré comme une norme DTU ou des Règles Professionnelles.  De nombreuses utilisations vont nécessiter l’obtention d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx), délivrées par le CSTB. Aussi à ce stade, pour garantir la faisabilité d’un projet, une introduction raisonnée d’éléments en terre crue est sans doute plus pertinente.

 

Afin d’accompagner l’essor des techniques de construction durable, nos équipes développent de nombreuses expertises sur tous types de matériaux biosourcés. Elles ont d’ores et déjà eu l’opportunité d’accompagner des projets expérimentaux intégrant une part importante de terre crue. Aussi, à travers leur vision globale de l’avancée des techniques et du cadre réglementaire, ils vous orientent sur des choix pertinents, afin d’intégrer dans vos projets une large palette de matériaux biosourcés. L’introduction raisonnée de terre crue peut vous offrir un facteur différentiant vis-à-vis des autres constructions écoresponsables.

     

 

 

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