Construction

Le bois et le hors-site sont-ils faits l’un pour l’autre ?

lun 14/03/2022 - 09:00

Avec l’impératif de réduction drastique de l’impact environnemental du secteur de la construction, le bois fait partie des solutions privilégiées. Les méthodes de construction hors-site conviennent parfaitement à sa mise en œuvre. Extrait de notre livre blanc Hors-site : construire autrement maintenant.

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Les évolutions réglementaires récentes, avec en premier lieu la RE 2020, poussent le monde de la construction à se pencher sur de nouveaux modes constructifs. Aux objectifs d’économie d’énergie, s’ajoutent désormais des impératifs de prise en compte du cycle global des bâtiments : émission de GES, les matériaux et leur fabrication, ouvrage pendant ses phases d’exploitation et de fin de vie. Dans ce contexte, les matériaux biosourcés et en particulier le bois apportent de nombreuses réponses.

Le Point de vue de notre expert

Laurent Le Magorou, Expert national Construction Bois à la Direction des Solutions Techniques et de l’Innovation de SOCOTEC

« Aujourd’hui, la construction bois dans son ensemble, c’est à peine 5 à 10 % du marché français. Force est de constater que la culture bois n’est pas généralisée dans le domaine de la construction. Jusqu’à présent, les ouvrages en bois ne dépassaient que très rarement les trois niveaux (principalement de la maison individuelle, du petit collectif et du petit bureau). Depuis environ 5 ans, on observe une explosion de la construction bois dans tous les domaines. On commence à voir apparaître des bâtiments beaucoup plus grands (15-20 niveaux), faisant émerger des contraintes techniques nouvelles. L’arrivée de la RE2020 ne fait qu’appuyer une tendance déjà existante.

L’essor du hors-site favorise l’utilisation du bois. Ce qu’on appelle le hors-site, c’est tout simplement le fait de préfabriquer le plus possible en usine pour faire des macro-éléments, puis de venir finaliser l’assemblage sur site. Les avantages sont à la fois économiques, techniques et relatifs au chantier. En structure bois, compte tenu des masses qui sont beaucoup plus petites que le béton préfabriqué, il est possible de faire de très grosses préfabrications. Pour le moment, deux types de préfabrication sont réalisées : le 2D et le 3D. Le 2D concerne les panneaux de mur ou de plancher. On peut préfabriquer uniquement la structure (ossature porteuse, éventuellement l’isolant et éventuellement le pare-pluie), comme on peut aussi réaliser les parois finies (structure, isolation, parement extérieur, menuiseries,

etc.). Et certains vont jusqu’au parement intérieur avec les réseaux. Dans ce dernier cas, la phase chantier ne se limite qu’à la pose et à l’assemblage des modules. Le 3D consiste à réaliser des boîtes. On peut aller jusqu’à réaliser des studios complets en usine, livrés par camion sur le chantier. Il ne restera plus qu’à les empiler les uns sur les autres pour réaliser un immeuble (un R+8 monté en 4 semaines).

Dans une construction hors-site, il y a souvent une partie en béton : les fondations, les deux premiers niveaux qui servent à stabiliser l’ouvrage. C’est dessus qu’on vient monter les éléments préfabriqués en bois. On peut aussi utiliser le métal. La structure métallique, c’est un peu le même concept que le bois. Il n’y a que le matériau qui change. Cependant, à part deux ou trois systèmes propriétaires, il n’y a pas vraiment de système de mur à ossature métallique. L’ossature métallique est souvent utilisée pour faire des portiques, des systèmes de poteaux-poutres.

L’une des grandes forces du hors-site, c’est qu’il est bien adapté à la façon de gérer un chantier bois. Sur un chantier traditionnel (c’est-à dire en béton), on estime généralement que la conception représente 20 % du temps tandis que l’exécution prend 80 %. C’est durant la phase d’exécution qu’il y a beaucoup de temps de manœuvre et d’ingénierie pour corriger le tir si nécessaire. Vous avez cette souplesse là pour changer et dévier au fur et à mesure de l’exécution. En revanche, dans la construction bois, on passe à quasiment 80 % du temps pour la conception et 20 % pour la phase chantier. Comme on aura préfabriqué un maximum de choses en usine, l’assemblage final sur site se fera dans un délai très court. Les nuisances de chantier seront quasiment inexistantes. On pourra même prétendre au zéro déchet dans la mesure où tout est préfabriqué. On parle ici d’une filière sèche, avec des chantiers propres.

Par contre, le revers de la médaille, c’est le manque de souplesse. Comme tous les éléments arrivent préfabriqués sur le site, une modification nécessaire sur site peut rapidement devenir problématique ».

Avec l’appui d’experts tels que Laurent, nos équipes participent au développement des nouveaux modes constructifs bois et hors site. Ils vous accompagnent dans vos projets afin de trouver les solutions les plus adaptées à vos contraintes et à vos objectifs de réduction de l’impact environnemental.

Téléchargez le livre blanc - Hors-site : construire autrement maintenant

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